Julian Bugier : “Je suis un homme heureux”

Vous fêtez vos 40 ans cette année. Est-ce le moment de faire un point sur votre vie ?

Je ne suis pas touché par la crise de la quarantaine. Je ne me suis jamais senti aussi bien, tant professionnellement que dans ma vie familiale. La patine de l’âge et de l’expérience me permet de connaître mes forces et mes faiblesses. Je suis un homme heureux.

Vivez-vous votre prise de commandes du 13 Heures comme une récompense pour tout le travail accompli ?

Cette nomination est un gage de confiance, mais c’est aussi une preuve du lien particulier que j’ai noué avec les téléspectateurs depuis un peu plus de dix ans. Ça montre ma persévérance et mon attachement à la mission de service public.

Comment vous sentez-vous dans le fauteuil aujourd’hui ?

Je n’étais pas novice dans l’exercice, mais ça n’est pas la même responsabilité quand on est titulaire. Ça fait cent jours que j’y suis, on dit souvent que c’est durant cette période que tout se joue. Ce dont je suis très fier, c’est d’avoir impulsé les nouveaux rendez-vous que je souhaitais concevoir, d’avoir créé une ambiance, une humeur qui correspond à ce que je suis dans la vie.

Votre nouvelle rivalité avec Marie-Sophie Lacarrau a-telle joué sur votre amitié ?

Marie-Sophie n’est pas une rivale, on ne s’affronte pas. C’est une super camarade, une belle personne, très sympa, qui ne fait pas partie des nombreux crocodiles que l’on croise dans ce métier.

Vous présentez également les soirées événements de la chaîne. Qu’est-ce qui vous plaît dans cet exercice ?

J’aime raconter la société qui bouge. Il n’y a pas de sujets moins importants que d’autres. J’aime apporter de la nuance, faire douter les gens dans leurs certitudes. Ce sont des soirées engagées, contre l’antisémitisme, pour l’égalité femme-homme, sur la pédocriminalité et l’inceste… On met ses tripes sur la table, ça chamboule. C’est aussi pour ça que j’ai voulu faire du journalisme.

En plus du journal de France 2, vous animez Europe soir, émission d’actualité de 18 heures à 20 heures sur Europe 1…

Ce sont deux exercices très complémentaires. A la radio, c’est fabuleux de faire passer tout un tas d’émotions par la voix. On est beaucoup plus dans l’improvisation, la repartie, la spontanéité qu’à la télévision, qui est plus figée. Ça me permet de gagner en naturel.

Votre père (Jacques Bugier, ndlr) était journaliste et vous a donné envie de faire ce métier. Pensez-vous souvent à lui ?

Oui, parce qu’il était important dans ma vie et qu’il est parti beaucoup trop tôt. C’est quelqu’un que j’admirais beaucoup, qui m’a beaucoup influencé dans le choix de cette belle profession. Mais je tiens à rendre hommage à ma maman qui est aussi mon socle. Elle m’a éduqué, m’a secoué quand j’en avais besoin et m’accompagne encore aujourd’hui. Elle m’envoie régulièrement des textos pour me dire ce qu’elle n’a pas aimé, mais aussi quand c’est bien. Il n’y a pas plus bienveillant ni plus sévère qu’une maman. Elle me dit ce que personne d’autre n’ose me dire.

A quoi ressemblent vos journées ?

Dans une journée type, je me lève à 6 h 15, je pars de chez moi à 7 heures et j’arrive à France 2 à 7 h 30. Nous enchaînons les conférences et la construction du journal jusqu’à 13 heures. Après le journal, nous débriefons. De 15 heures à 18 heures, je prépare mon émission de radio à Europe 1 avant de l’animer jusqu’à 20 heures. Je rentre chez moi à 20 h 45. Ce sont de grosses journées, mais les opportunités arrivent en même temps. A un moment, le rythme sera différent. Quand on aime, on ne compte pas ! J’ai la chance d’exercer un métier qui est aussi une passion.

Arrivez-vous à discuter d’autre chose que de travail avec votre épouse, également journaliste ?

On parle de tout sauf du travail. Nous partageons beaucoup de passions par ailleurs. J’aime débattre de l’actualité, d’un bouquin qui m’a bouleversé, du prochain film que j’ai envie de regarder… Je suis un garçon curieux.

Trouvez-vous également du temps pour faire du sport ?

Mon temps libre est un peu limité. J’habite à 9 km de France Télévisions, où je me rends à vélo, donc c’est déjà ça de pris. Deux ou trois fois par semaine, je me lève un peu plus tôt pour faire de la course à pied ou du yoga. Sinon, j’ai une passion pour le ski de randonnée et le surf. J’en fais depuis que j’ai 17 ans. C’est un sport magique parce qu’on se retrouve au milieu des éléments et que ça permet de découvrir des endroits magnifiques tout en sollicitant tous les muscles. D’ailleurs, avec ma famille, on voyage un peu en fonction des spots de surf : en Bretagne, au Maroc, dans le Sud-Ouest…

Vous aimez aussi cuisiner…

J’ai une petite prétention en cuisine. Mon grand-père était chef cuisinier. J’ai grandi dans ses cuisines parce qu’il s’est beaucoup occupé de moi. A son contact, j’ai aimé ce métier, son environnement, son exigence. J’aime ce rapport à la chair, au produit. La cuisine est une affaire de famille.

Ma maman et mon petit frère cuisinent pas mal, mon oncle est chef. Le plus beau cadeau qu’on puisse me faire, c’est un livre de cuisine que je ne connais pas. J’adore également découvrir d’autres cuisines.

Maintenant que vous êtes titulaire, vous pouvez prendre vos congés en même temps que vos enfants (de 8 et 10 ans). Qu’avez-vous prévu cet été ?

De grandes, grandes vacances ! C’est vrai que mon emploi du temps est chargé mais, cette année, pour la première fois depuis très longtemps, je vais pouvoir faire une grande pause. Comme tous les Français, j’ai déjà imaginé un planning, et nous verrons si nous pourrons le respecter en fonction de la crise sanitaire. J’aimerais aller en Corse, car je suis amoureux de la montagne corse et que j’adore me perdre dans le maquis, puis en Sicile et sur la côte atlantique pour surfer.

Cette interview a été publiée dans le magazine Nous Deux numéro 3850 du 13 au 19 avril.

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