[INTERVIEW] Gwendoline Hamon : “Comme Cassandre, je suis très sensible”

Au bout de cinq saisons, Florence Cassandre n’a plus de secrets pour vous, non ?

Je me sens garante de ce personnage tellement je le connais. Il se construit avec l’interprète, et non l’inverse. Le premier épisode esquissait une silhouette que j’ai colorée par la suite. Tout n’est pas écrit, j’ai fait des propositions par rapport à son histoire. Elle a des réactions qui sont les miennes, j’ai participé à son épanouissement, à son ouverture d’esprit, à son énergie… Mais aussi à ses drames et à ses névroses.

Comment a-t-elle évolué ?

Elle est arrivée déprimée de Paris, pensait atterrir chez des ringards, mais profiter de son temps libre pour rattraper les choses avec son fils. En fait, elle a découvert une super équipe et une ambiance fraternelle qui lui plaisent. C’est une héroïne qui résout assez brillamment les intrigues mais, côté privé, elle est perdue. C’est un volet qui sera à explorer dans les prochaines saisons.

Quels sont vos points communs avec elle ?

Nous avons le même âge et nous nous ressemblons beaucoup physiquement (rires).C’est un hasard mais, tout comme moi, Florence Cassandre est mère d’un enfant unique, un garçon. Elle est assez indépendante, très sensible. Je le suis beaucoup plus qu’elle d’ailleurs, parce que son métier l’a endurcie, ce qui n’est pas du tout mon cas. En vieillissant, j’ai de plus en plus de mal face à la violence. Il y a des choses que je ne peux plus regarder à la télévision. Je n’aurais pas sa force. Mais je ne suis pas déglinguée comme elle au niveau sentimental, je ne suis pas une solitaire comme elle. J’aime être entourée des personnes que j’aime.

Et, contrairement à elle, vous avez retrouvé l’amour…

Mon compagnon est neurologue et il adore l’art, le cinéma, la littérature, la musique… J’ai été longtemps en couple avec un acteur (Frédéric Diefenthal, le père de son fils, dont elle a divorcé en 2013, ndlr),ce qui présentait des avantages et des inconvénients. Avec mon compagnon, nous sommes admiratifs l’un de l’autre parce que nous n’avons pas les mêmes talents.

Rencontrez-vous, comme votre personnage, des difficultés avec Gabriel, votre fils de 16 ans et demi ?

Bien sûr, mais pas plus qu’une autre ! L’adolescence est un moment particulier. C’est drôle de le voir évoluer. Un jour, c’est un petit garçon et, le lendemain, nous avons des discussions d’adultes. Il pense qu’il sait tout sur tout, il faut tout le temps discutailler, les sujets sont souvent polémiques. Mais ça se passe quand même bien. Nous nous aimons beaucoup, mon fils et moi.

Que souhaitez-vous lui transmettre ?

Je sais que j’ai raté des choses et que j’en raterai encore, mais un enfant qui part sans confiance dans la vie, c’est compliqué pour la suite. Alors j’essaie de lui transmettre la confiance, l’amour : je lui dis tout le temps que je l’aime. La culture, l’humour et bien se comporter avec les femmes sont aussi des choses importantes. Je pense qu’il sera un gentleman, c’est plutôt un sentimental.

Veut-il devenir acteur, comme ses parents ?

Il a eu des velléités quand il était plus petit, car il est très bon. Pour le moment, il pense à s’engager dans des études de commerce. Mais il faut déjà qu’il ait son bac, après, on verra. Je suis là pour le guider et je laisse les portes ouvertes pour qu’il fasse ses propres expériences.

Où en êtes-vous de l’écriture de votre seule-en-scène ?

J’ai écrit 75 pages. Il y a un début et une fin, mais il faut que je peaufine l’ensemble. Je travaille avec mon père, qui me connaît bien. Cela me prend du temps parce que j’enchaîne les tournages et que je suis marraine d’une association, sans compter mon fils et ma vie à gérer.

Quel est votre rôle dans l’association Imagyn (Initiative des malades atteintes de cancers gynécologiques) ?

L’association avait beaucoup de mal à se faire entendre sur un problème de santé publique. Elle m’a contactée parce que j’avais écrit un livre sur les deux derniers mois de ma mère, morte d’un cancer du col de l’utérus il y a treize ans. Je cherchais à m’investir pour une cause et suis devenue leur marraine. Ma mère est morte de ne pas être allée chez le gynécologue pendant trois ans. Les femmes ne se préoccupent pas assez de leur corps, c’est encore un sujet tabou, surtout autour de la cinquantaine. Avec l’arrivée de la ménopause, une partie des femmes font moins attention à elles. Pourtant, plus on est informée, plus on se protège.

Quels sont vos projets ?

En ce moment, je tourne la sixième saison de Cassandre et je devrais jouer dans un long-métrage de Christian Carion, si nous arrivons à accorder nos emplois du temps. J’ai aussi participé à une série de TF1, Une si longue nuit,avec Jean-Pierre Darroussin et Mathilde Seigner, qui devrait être diffusée à l’automne prochain.

Cet article a été publié dans le magazine Nous Deux numéro 3855.

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